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2 settembre 2013

Syrialeaks: comment mettre le blâme sur Assad

Jeudi 29 août 2013

Par Pino Cabras, Megachip


Un titre net et sans équivoque dans le Daily Mail, un quotidien qui tire à 2 millions d’exemplaires, et voit 3 millions de personnes visiter chaque jour son site Internet : « Plan soutenu par les USA pour lancer une attaque à base d’armes chimiques contre la Syrie et en donner la faute au régime d’Assad. »
L’article remonte au 29 janvier 2013. L’édition en ligne du Daily Mail a publié cette intéressante histoire – signée Louise Boyle – qui permet d’apporter un éclairage plus juste sur les tragiques attaques au gaz qui se sont produites sept mois plus tard, en août 2013.

De temps en temps, la grande presse rapporte quelque fait important et tout à fait dissonant par rapport au bruit de fond, mais lorsque cela se produit, c’est comme un feu de paille, il est immédiatement éteint. Naturellement, quelques jours après sa publication, l’article avait déjà disparu du site Web du journal, mais heureusement il n’est pas si facile de faire disparaitre l’information d’Internet une fois qu’elle y est apparue. C’est pour cela que nous sommes en mesure de vous reproposer l’article et de souligner ses principaux passages.

L’auteur italien Roberto Quaglia parle de la « Loi des premières 24 heures. À l’époque des mass-médias, les informations réellement importantes parviennent occasionnellement au public, écrites par des journalistes en toute bonne foi durant les premières heures après un événement. Suite à quoi, une chaine de commandement invisible s’active et l’information vraie mais gênante disparait rapidement et pour toujours de l’avant-scène médiatique. Seules les informations commodes – peu importe qu’elles soient vraies ou fausses – restent en circulation. Pour comprendre le monde, il devient donc particulièrement passionnant de s’intéresser précisément aux informations qui sont supprimées. » C’est bien le cas pour l’article de Louise Boyle. Heureusement qu’il y a Webarchive

Le sous-titre de l’article de Boyle était : « Des emails divulgués provenant d’un fournisseur de la Défense parlent d’armes chimiques et disent que l’’idée est approuvée par Washington’’. »

Le récit commence ainsi : « D’après infowars.com, l’email du 25 décembre a été envoyé par le directeur du secteur de développement des affaires de Britam, un certain David Doughty. On peut y lire : ‘
Phil… on a une nouvelle offre. Il s’agit encore de la Syrie. Les Qataris nous proposent une affaire intéressante et je te jure que l’idée a été approuvée par Washington.
Nous devons fournir de l’armement chimique [« CW » dans le texte original, pour Chemical Weapon – NdT] à Homs, un G-Shell d’origine soviétique provenant de la Libye, semblable à ceux qu’Assad doit avoir.
Ils veulent utiliser notre personnel ukrainien qui devra parler russe et faire un enregistrement vidéo.
Franchement, je ne crois pas que ce soit une bonne idée, mais les sommes proposées sont énormes. Qu’en penses-tu ?
Cordialement.
David. » »

Comment interpréter ce message ?
L’article de Boyle se poursuit : « L’email aurait été envoyé par un haut responsable à un fournisseur de la Défense britannique au sujet d’une attaque chimique ‘’approuvée par Washington’’ en Syrie, de façon à faire porter le chapeau à Assad. »

En somme, le casus belli classique déclenché par un acte abject conduit « sous fausse bannière », et qu’on attribue ensuite à l’ennemi. Une chose impensable pour la presse alignée, mais bien présente dans les plus hautes sphères de la planification militaire. Nous avons vu par exemple avec quelle candeur l’un des habitués de ces « hautes sphères », Patrick Lyell Clawson, annonçait la nécessité d’un tel prétexte pour attaquer, dans ce cas-là, l’Iran : « Franchement, je pense qu’il sera très difficile de générer une crise. Et j’ai beaucoup de mal à voir comment le président des États-Unis pourra vraiment nous amener à la guerre contre l’Iran. Cela me fait penser que si nous ne parvenons pas à un compromis, alors la méthode traditionnelle de l’Amérique pour entrer en guerre serait dans le meilleur intérêt des États-Unis. » Autrement dit, avec un casus belli déclenché par une provocation. « Nous jouons actuellement une partie en coulisses avec les Iraniens, mais nous pourrions tout à fait devenir plus méchants, » concluait le faucon de Washington.

Il n’est pas si fréquent de voir le pouvoir se révèler ainsi au grand jour, de manière aussi explicite. À l’époque de Wikileaks et d’Edward Snowden, les révélations passent plutôt par les canaux électroniques et contre la volonté des gouvernements. L’article du Daily Mail précise que « les emails ont été divulgués par un hacker malais qui a également obtenu les Curriculums Vitae des hauts dirigeants et des copies de leurs passeports, d’après les informations disponibles sur Cyber War News. »

Et pour bien faire comprendre à quel point les rebelles syriens alliés des USA et du Qatar peuvent se montrer sans pitié (en plus d’être bien entrainés) dans l’usage des armes chimiques, l’article incluait également une vidéo montrant les effets des armes chimiques sur des lapins. Attention, les images sont assez crues :



Il est pour le moins curieux, pour ne pas dire scandaleux, qu’aujourd’hui les grands médias ne reviennent pas sur cette information du quotidien londonien, afin de l’approfondir. Au lieu de cela, tout est balayé et couvert par le bruit des tambours de la guerre.

Les premières pages en ligne du 28 et 29 août 2013 de tous les quotidiens italiens titrent par exemple que « la Syrie menace de frapper l’Europe avec des armes chimiques », déformant en toute mauvaise foi les propos d’un homme politique syrien qui disait toute autre chose. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Faisal Maqdad, critiquait en réalité les pays qui aident les « terroristes » (c’est-à-dire les rebelles djihadistes) à utiliser des armes chimiques en Syrie, mettant en garde sur le fait que ces mêmes groupes ennemis de Damas « les utiliseront bientôt contre le peuple d’Europe ». Traduction : attention Europe, tu es en train de se tirer une balle dans le pied. La phrase correcte est ensuite citée au milieu de l’article. Mais chacun peut voir les gros titres de La Stampa et de La Reppublica (et tous les autres [...] font la même chose) :
Menace syrienne : "Les gaz frapperont l’Europe"

Assad menace : "Nous utiliserons les gaz"

La Stampa attribue même la phrase à Assad (juste pour fabriquer le énième Hitler à éliminer). Assad justement, dans une interview à un journal russe totalement ignorée par la presse italienne [et française – NdT] déclarait il y a deux jours : « A tous ces hommes politiques, je voudrais dire que le terrorisme n’est pas une carte gagnante que l’on peut tirer et utiliser quand on veut avant de la remettre dans la poche comme si de rien n’était. Le terrorisme, comme le scorpion, peut vous frapper par surprise à tout moment. On ne peut pas être pour le terrorisme en Syrie, et contre lui au Mali. »
Il va de soi que les journaux italiens [et français – NdT] donnent une vision de la crise syrienne totalement manipulée et invraisemblable. En Italie [et en France – NdT] il est désormais impensable qu’un journaliste mainstream puisse sortir un article à contre-courant comme celui du Daily Mail.

Pourtant aujourd’hui encore, ce même journal britannique, même si c’était au beau milieu d’omissions et de distorsions, parlait malgré tout de ses soupçons que l’attaque chimique ne soit finalement pas l’oeuvre de ceux que les gouvernements voudraient nous faire croire.

À Londres, les journaux veulent encore vendre quelques exemplaires à ceux qui ne se contentent pas de la propagande. Chez nous, les journaux ne font même pas le minimum syndical pour se faire acheter. Et le lecteur se retrouve en guerre sans même savoir pourquoi.

Pino Cabras – Megachip


MISE À JOUR DU 1er SEPTEMBRE 2013
La journaliste Maria Melania Barone nous signale gentiment que la principale raison pour laquelle le Daily Mail a retiré l’article est la plainte pour diffamation déposée par Britam, le sous-traitant de la Défense mentionné dans l’article de Louise Boyle. L’email en question, à la base de la plainte, aurait été manipulé avant sa divulgation, ce qui a poussé le Daily Mail à rectifier sa position en retirant l’article controversé.
Dans tous les cas, il est significatif que les soupçons d’opération « sous fausse bannière » aient atteint la première page du second quotidien britannique depuis déjà plusieurs mois. La déconvenue cinglante de la motion présentée par le Premier ministre David Cameron à la Chambre des Communes pour l’attaque contre la Syrie a été précédée d’un débat parlementaire au cours duquel la véritable pierre d’achoppement était la possibilité que l’attaque au gaz ait constitué un prétexte, une possibilité évoquée chaque fois que les parlementaires faisaient part de leurs doutes sur son véritable auteur. Et il est tout aussi significatif que ces débats, qui ont débouché sur la défaite parlementaire de Cameron, aient été pratiquement ignorés par la presse italienne [et française – NdT].

 Traduit par IlFattoQuotidiano.fr

29 agosto 2013

Syrialeaks: come dare la colpa ad Assad

di Pino Cabras - da Megachip.
CON AGGIORNAMENTO IN CODA ALL'ARTICOLO

Un titolo netto sul Daily Mail, un quotidiano da due milioni di copie in edicola e da tre milioni di utenti online al giorno: «Piano sostenuto dagli USA per lanciare un attacco con armi chimiche contro la Siria e dare la colpa al regime di Assad».
Il titolo in questione risale al 29 gennaio 2013. L'edizione online del Daily Mail ha pubblicato un'interessante storia - a firma di Louise Boyle - in grado di gettare la giusta luce investigativa sui tragici attacchi col gas verificatisi in Siria sette mesi dopo, ad agosto 2013.
Ogni tanto, la grande stampa riporta qualche fatto importante che suona totalmente diverso dal racconto di fondo, ma quando questo avviene è un fuoco di paglia che viene subito estinto.
Naturalmente, pochi giorni dopo la pubblicazione, l'articolo era già sparito dagli archivi online del giornale, ma per fortuna non è così facile fare sparire l'informazione da internet una volta che vi abbia fatto capolino. Pertanto siamo in grado di riproporvi l'articolo ed esporre qui i tratti salienti.
Lo scrittore Roberto Quaglia parla di «Legge delle Prime Ventiquattrore. Nell'epoca dei mass media informazioni reali e significative vengono occasionalmente riferite al pubblico da giornalisti in buona fede durante le prime ore che seguono un evento. Poi una invisibile catena di comando evidentemente si attiva e le notizie vere, ma scomode, scompaiono in fretta e per sempre dal proscenio dei media. Solo le notizie comode - non importa se vere o se false - rimangono in circolazione. Per capire il mondo diventa quindi particolarmente interessante soffermarsi proprio sulle notizie soppresse.» Anche per il pezzo di Louise Boyle, è così. Fortuna che c'è Webarchive.
Il sottotitolo dell'articolo della Boyle recita così:
«E-mail trapelate da un fornitore della difesa trattano di armi chimiche dicendo che 'l'idea è approvata da Washington'
Parte il racconto:
«Secondo Infowars.com, la e-mail del 25 dicembre è stata inviata dal direttore dell'area di sviluppo degli affari della Britam, David Goulding, al fondatore della società, Philip Doughty.
Vi si legge: "Phil ... Abbiamo una nuova offerta. Si tratta di nuovo della Siria. I Qatarioti propongono un affare interessante e giuro che l'idea è approvata da Washington.
Dovremmo consegnare dell'armamento chimico (CW nell'originale, NdT) a Homs, una g-shell (bomba a gas, Ndt) di origine sovietica proveniente dalla Libia simile a quelle che Assad dovrebbe avere.
Vogliono farci dispiegare il nostro personale ucraino che dovrebbe parlare russo e realizzare una registrazione video.
Francamente, non credo che sia una buona idea, ma le somme proposte sono enormi. Qual è la tua opinione?
Cordiali saluti, David."»
Come interpretare il messaggio? Nell'articolo si riassume così: «L'e-mail sarebbe stata inviata da un alto ufficiale a un appaltatore della Difesa britannica in merito a un attacco chimico "approvato da Washington" in Siria, da poter attribuire al regime di Assad.»
Insomma, il classico casus belli da scatenare con un atto spregevole "sotto falsa bandiera", da attribuire al nemico. Una cosa impensabile per la stampa allineata, ma ben presente ai piani alti della pianificazione bellica. Abbiamo visto ad esempio con quanto candore uno dei frequentatori di questi piani alti, Patrick Lyell Clawson, dichiarava la necessità di un simile pretesto, in quel caso per attaccare l'Iran:
«Francamente, penso che sia molto difficile dare inizio ad una crisi. E faccio molta fatica a vedere come il presidente degli Stati Uniti possa davvero portarci in guerra contro l'Iran. Questo mi porta a concludere che se non si troverà un compromesso, il modo tradizionale con cui l'America entra in guerra sarebbe nel miglior interesse degli Stati Uniti.» Ossia con un casus belli generato da una provocazione. «Stiamo giocando una partita coperta con gli iraniani, e potremmo anche diventare più cattivi nel farlo», concludeva il falco di Washington.
Non sempre il potere si rivela in un modo così sfrontato ed esplicito. Nell'epoca di Wikileaks e di Edward Snowden le rivelazioni passano più spesso attraverso canali elettronici e contro il volere del governo. L'articolo del Daily Mail precisava che «le e-mail sono state diffuse da un hacker malese che ha anche ottenuto i curricula degli alti dirigenti e le copie dei passaporti attraverso un server aziendale non protetto, secondo quanto riferito da Cyber War News.»
E per far capire quanto i ribelli siriani alleati degli USA e del Qatar potessero essere spregiudicati (oltre che ben addestrati) nell'uso di armi chimiche, l'articolo incorporava anche un video nel quale questi provavano gli effetti delle armi chimiche sui conigli. Il video mostra immagini particolarmente crude, attenzione:
È quantomeno curioso, per non dire di peggio, che oggi la grande stampa non ritorni sulla notizia del quotidiano londinese per approfondirla. Invece succede che tutto venga stravolto dai tamburi della propaganda bellica.
Le pagine online del 28 e 29 agosto 2013 di tutti i principali quotidiani italiani, ad esempio, titolano che "la Siria minaccia di colpire l'Europa con le armi chimiche", distorcendo in totale malafede una frase di un politico siriano che diceva tutt'altro. Il viceministro degli Esteri Faisal Maqdad criticava infatti i paesi che hanno aiutato «i terroristi» (ossia i ribelli jihadisti) ad usare le armi chimiche in Siria, ammonendo sul fatto che gli stessi gruppi nemici di Damasco «le useranno presto contro il popolo d'Europa». Tradotto: attenta Europa, ti stai allevando da sola le serpi in seno. La frase era correttamente riportata in mezzo all'articolo. Ma il lettore osservi qual è invece la cornice scelta da la Repubblica e da La Stampa (e tutti gli altri, compreso Il Fatto Quotidiano, fanno lo stesso):


 
La Stampa attribuisce addirittura la frase ad Assad (giusto per fabbricare l'ennesimo Hitler da strapazzare). Proprio Assad, in un'intervista a un giornale russo ignorata dalle redazioni italiane, due giorni prima dichiarava: «A quei politici vorrei spiegare che il terrorismo non è una carta vincente che si possa estrarre e utilizzare in qualsiasi momento si voglia, per poi riporla in tasca come se niente fosse. Il terrorismo, come uno scorpione, può pungerti inaspettatamente in qualsiasi momento. Non si può essere per il terrorismo in Siria e contro di esso in Mali.»
Basta poco per capire che i giornali italiani danno una copertura della crisi siriana totalmente manipolata e inattendibile. In Italia è ormai impensabile che un giornalista mainstream possa produrre un'articolo controcorrente come quello del Daily Mail.
Ancora oggi, quel giornale britannico, pur in mezzo a omissioni e distorsioni, in uno dei suoi più recenti articoli manifesta comunque il sospetto fortissimo che l'attacco chimico non sia opera di chi vorrebbero farci credere i governi.
A Londra i giornali vogliono ancora vendere qualche copia fra chi non si accontenta della propaganda. Da noi i giornali non fanno nemmeno il minimo sindacale per essere comprati. E il lettore si trova in guerra senza nemmeno sapere perché.

AGGIORNAMENTO DEL 1° SETTEMBRE 2013:
La giornalista Maria Melania Barone mi segnala gentilmente che la ragione più importante che ha spinto il Daily Mail a ritirare l'articolo sta nella citazione in giudizio per diffamazione presentata da Britam, il contractor della Difesa menzionato nel pezzo di Louise Boyle. Le e-mail in questione, in base alla denuncia, sono state manipolate prima della divulgazione. Il Daily Mail ha pertanto rettificato la sua posizione ritirando l'articolo controverso. 
E' in ogni caso significativo che il sospetto di azioni "false flag" abbia raggiunto la prima pagina del secondo quotidiano britannico già molti mesi fa. La clamorosa bocciatura della mozione presentata dal primo ministro David Cameron alla Camera dei Comuni per l'attacco alla Siria è stata preceduta da un dibattito parlamentare in cui il vero convitato di pietra era proprio la possibilità che l'attacco chimico fosse un pretesto, tutte le volte che i parlamentari ponevano i loro dubbi sul suo vero autore. Ed è in ogni caso clamoroso il fatto che queste inchieste, e il risultato stesso della storica disfatta parlamentare di Cameron, siano stati praticamente ignorati dalla stampa italiana.